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À propos de la
marchandisation de l’éducation
L’interrelation des droits humains n’est
jamais plus évidente que dans les processus éducatifs. Pour cette raison,
le droit à l’éducation est une garantie individuelle et un droit social
dont l’expression maximale est la personne dans l’exercice de sa
citoyenneté.Vernor Muñoz Rapporteur Spécial de l'ONU sur le Droit à l’Education L’éducation possède une ontologie propre qui nourrit toutes les manifestations de la vie; elle renforce la diversité comme la meilleure méthodologie et elle se nourrit de la créativité et de l'acharnement de celui/celle qui apprend, que ce soit un maître, une maîtresse d'école ou un étudiant. L’éducation doit être le vrai processus de Développement, car elle propose la construction de la connaissance et des labeurs humains dans l'interaction collective de l'apprentissage. La richesse de l’éducation se trouve, précisément, dans ses fins, qui impliquent toutes les dimensions vitales en ce qui concerne la dignité des personnes, des cultures et des peuples, et qui ont été reprises par les principaux instruments du droit international des droits humains. Même ainsi, le passage de l’éducation vers les droits humains doit faire face au dur combat des forces réfractaires qui continuent de considérer l’éducation comme un instrument qui discipline le marché et, par conséquent, comme un type de service (pas comme un droit) qui répond principalement aux intérêts de l’économie, avant qu’aux besoins des personnes. L’imposition structurale, centraliste et unidirectionnelle du patriarcat est raccordée à une organisation économique qui refuse les ressources financiers requis pour la pleine réalisation du droit à l'éducation, et elle s'inscrit dans un modèle de développement global avec lequel il est prétendu de réduire les phénomènes sociaux et culturels à des questions d’efficacité commerciale. Ce n'est pas étonnant, donc, que l’éducation soit vue par certains comme un instrument qui reproduit les mécanismes d’accumulation, concentré sur la tâche de répandre, avec un caractère prétendu neutre et aseptique, les fins requises par la croissance économique. Pour ces raisons, on parle souvent du financement de l’éducation en termes du «moindre coût pour le plus grand profit», comme une vile négociation qui cherche à nouveau à échanger de l’or contre des verroteries ; c’est pour cela aussi que l’établissement des services éducatifs continue d’être l’objet d’emprunts désirés par les organismes financiers internationaux qui, en dépit d’avoir un discours qui reconnaît les valeurs de l’éducation, n’ont pas non plus l'accès pour libérer les pays pauvres d’une dette extérieure injuste et impayable. Nous, les activistes des droits humains, avons critiqué, depuis longtemps, la prétendue neutralité de l'éducation derrière laquelle s’abrite la génération de valeurs négatifs, spécialement agglutinés dans l’idée de mettre l’éducation aux ordres des employeurs. Une éducation neutre ou au service d’autres besoins qui ne soit pas la dignification des personnes, ne peut pas développer des personnalités respectueuses des droits humains, parce que cette neutralité est potentielle et actuellement elle confirme les inégalités. Le sujet du financement de l’éducation est une question d’égalité, d’équité et de justice, pas nécessairement de ressources, qui existent mais qui sont mal distribués. La déconnexion entre des intentions et des actions dans l’éducation fonctionne dans le cadre d'inégalités et d'asymétries structurales, où la fausse idée que le développement macroéconomique est l'objectif principal de l’éducation, usuellement considérée comme une dépense et non comme un droit humain, est également encouragée. Il est vrai que nous tous attendons des répercussions économiques de l’éducation et de l’alphabétisations, mais une autre chose est de croire que ces répercussions sont le but principal. C’est pour ces raisons que plusieurs des discussions et des demandes autour du besoin d’intervenir dans l’éducation réduisent les droits des filles et des adolescentes à des composants confus des facteurs macroéconomiques, comme quand on dit que les objectifs centraux de la scolarisation féminine est la possibilité d’augmenter la croissances per capita. La croissance économique ne mène pas toujours au développement humain. Par conséquent, il est inapproprié de proposer la réalisation du droit à l’éducation comme une condition de l’efficacité productive ou commerciale, vu que le revenu per capita n'a pas non plus une relation évidente avec l'équité sociale, notamment dans les économies périphériques. Cette perspective utilitariste lèse la dignité des personnes et distrait les buts essentiels de l’éducation; c’est pour cela qu’elle a échouée en tant que stratégie pour élever la conscience des gouvernements et des organismes financiers. En plus, le droit humain à l’éducation ne peut être ni relégué ni soumis à condition que d’autres droits ou situations soient accomplis. Il est vrai, évidemment, que les systèmes éducatifs doivent changer leurs fins et leurs stratégies si celles-ci ne répondent pas à la construction de citoyennetés solidaires et égalitaires, mais il est également vrai que plusieurs des grands problèmes de l'éducation ne se trouvent pas dans les systèmes scolaires, mais dans le milieu socioéconomique ouvertement discriminatoire. Les investissements dans l’éducation des filles, notamment ceux dont le but est d’améliorer sa portée et sa qualité, ont un profit social démontré dans la réduction des taux de mortalité et de naissances non voulues, dans la lutte contre la pauvreté, le VIH/SIDA et la malnutrition. Ces effets positifs, donc, devraient mener à renforcer l’intégration des droits humains dans les actions et les politiques de la Banque Mondiale et des États, avant qu’à réduire les priorités des filles et des femmes à une question instrumentale. La mise en œuvre de l’éducation primaire gratuite et obligatoire est entravée non seulement par l’existence de tarifs et d’autres conditions financières, mais aussi par l’exclusion qui affecte spécialement les femmes, les filles et les adolescentes. Les mécanismes à travers lesquels les tarifs scolaires sont gardés ou éliminés ne peuvent pas être considérés isolément des obstacles du patriarcat et des structures de privation sociale, qui sont les principaux responsables que les garçons et les filles soient éloignés de l’école. L’ombre que jette la quantification économique et son urgence désespérée pour que tous les processus soient régis selon les termes des coûts et des profits, fait que les institutions de l’état soient inévitablement affectées par les déterminants financiers. Sans doute, les politique économiques internationales indifférentes aux besoins sociaux, et l’imposition d’un modèle politique et socio-économique unique fondé rigidement sur le libéralisme économique, ont un grand impact et demandent la reconnaissance croissante du besoin de développer des modèles plus flexibles et plus sensibles à la réalisation des droits humains. Le processus souhaité est d’offrir des investissements à l’éducation, non seulement pour faciliter le développement économique, mais aussi, et surtout, pour la construction de valeurs et de connaissances dont la fin soit de développer la dignité humaine et des citoyennetés engagées avec tous les droits de toutes les personnes. |