Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

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Commentaires sur le texte : L’Alphabétisation des adultes.
Notes pour discussion

Timothy Ireland - Brasil


 
Maintenant j’ai eu l’occasion de lire le texte original préparé par Cecilia Soriano et ASPBAE et les commentaires faits par Sérgio Haddad du Brésil et d’Agneta Lind de Mozambique. Donc, mes remarques essaient de dialoguer avec ces trois apports différents et très stimulants pour le débat en cours sur l’alphabétisation des jeunes et des adultes, telle qu’elle est conçue généralement dans le contexte brésilien et latino-américain.

1.      
Mon premier point concerne le besoin de mettre l’accent sur le droit à l’alphabétisation comme une partie du droit plus général à l’éducation. Il y a le risque que si nous mettons l’accent sur le droit à l’alphabétisation, plusieurs gouvernements utiliseront ceci comme une «dispense» pour l’approvisionnement du plein droit à l’éducation. Avec un programme rapide de six mois, le droit à l’alphabétisation a été officiellement satisfait. Ceci est évidemment lié au besoin de préciser que le concept d'alphabétisation est fondé sur la notion d'apprentissage de l'alphabétisation comme un processus qui n'a pas d’étape préalable ou postérieure et que, donc, là ou il existe des programmes d’alphabétisation à court terme, ils doivent être articulés avec des programme d’éducation continue pour des adultes et des jeunes.

2.      Dans les débats récents sur l’Éducation pour Tous, on a découvert qu’il est important d’universaliser l’éducation, mais aussi de garantir la qualité du processus d’apprentissage. Il y a une tendance, donc, à mettre l’accent sur le besoin d’éducation de qualité pour tous. Cependant, cette préoccupation pour la qualité n’a pas été si marquée par rapport à l’alphabétisation qui est, dans plusieurs pays, convenablement séparée du système éducatif. Il est nécessaire de mettre l'accent sur le besoin de qualité dans les programmes d'alphabétisation, et la qualité a des implications claires pour la formation, le matériel et le financement.

3.      Pour tous nos débats sur l’alphabétisation des adultes et des jeunes, il y a un besoin clair de plus d’évidence, que ce soit sous la forme de recherche, de systématisation des expériences et des pratiques ou de documentation.  Celle-ci est une partie importante du rôle des gouvernements, des organisations de la société civile et des universités. Ces trois secteurs sont responsables d’assurer la formation initiale et continue des alphabétiseurs, afin de développer et tester des nouvelles méthodologies d’enseignement et des matériels, et en vue de la professionnalisation de la fonction d’enseignement des alphabétiseurs.

4.      Des discussions sur le financement de l’alphabétisation des adultes et des jeunes signalent également le besoin de données précis avec lesquels convaincre les gouvernements, les politiciens et aussi la société civile d'investir dans ce secteur. Nous avons besoin de données tant sur les profits économiques de l'alphabétisation que sur les coûts économiques de l’alphabétisation (pour utiliser une expression de la CEPAL).

5.      La coopération internationale peut jouer un rôle important dans le financement et le développement de programmes d’alphabétisation (et des politiques nationales!). Cependant, comme Agneta Lind insiste, il est essential que ces efforts soient soigneusement articulés avec des efforts nationaux. Il y a un intérêt de plus en plus grand dans le développement de stratégies de coopération sud-sud comme un moyen de création de formes d’échange plus démocratiques et horizontales entre les pays du sud, fondé sur l’opinion que nous avons tous quelque chose a apprendre et à enseigner dans cette échange. Le Gouvernement brésilien a adopté, dans plusieurs forums de l’UNESCO, une variation de ce sujet en incluant le nord comme une source de financement dans un processus où un pays du sud plus avancé techniquement aide un tiers pays à développer ces propres politiques d'alphabétisation ou d'éducation  coopération nord-sud-sud.

6.      Des programmes d’alphabétisation plus traditionnels qui utilisent des stratégies du type campagne et qui étonnement persistent encore, ignorent généralement l'énorme diversité présente dans tous les pays  la diversité culturelle, linguistique, ethnique, géographique, religieuse. L’éducation a des problèmes avec la diversité comme les pédagogies qui traitent tous les apprenants comme étant égaux sont plus faciles à gérer que les pédagogies qui reconnaissent la diversité comme une dimension très positive de la vie et, donc, requièrent que les pédagogies répondent à la diversité des apprenants dans toute leur richesse. La reconnaissance de la diversité comme une dimension essentielle de notre vie implique de se déplacer des pédagogies d’homogénéité vers des pédagogies d’hétérogénéité.

7.      Finalement, une remarque rapide par rapport aux matériels pour l’alphabétisation qui a une pertinence spéciale car aujourd’hui (le 23 avril) est la Journée Mondiale du Livre et du Droit d'auteur http://www.un.org/depts/dhl/dhlf/book/index.html . Une alphabétisation de qualité requiert des matériels de qualité parmi lesquels je mettrais l’accent sur le besoin de littérature écrite spécifique pour des nouveaux lecteurs ou des jeunes et des adultes impliqués dans le processus de l’alphabétisation. Les politiques d’alphabétisation et les politiques de lecture et des livres doivent être entendues comme deux faces d’une même pièce.
 


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