Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

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SITUATION DES MIGRANTS CAP-VERDIENS AU SENEGAL

Maria Fernanda RAMOS d'ALMEIDA
PAALAE


 
Les migrants Cap-Verdiens sont au Sénégal depuis les années 1800 car se souvient un des doyens de la communauté "mon arrière grand-père a participé à la construction du pont Faidherbe qui date de 1865". Les migrants ont aussi participé à la construction de plusieurs infrastructures parmi les plus importantes de l'histoire de Dakar, c'est dire que ces migrants ont contribué de manière décisive à l'image du Sénégal d'aujourd'hui.

Aujourd'hui encore, les migrants et migrantes de 3ème génération, participent comme leurs arrières grands parents à la vie économique de ce pays qui est devenu leur seconde patrie puisque le droit cap-verdien permet à tout ces fils disséminés dans le monde d'avoir la double nationalité, la cap-verdienne et celle du pays d'accueil. celà se comprend quand on sait que les 2/3 de la population Cap-verdienne vit hors du Cap-vert.
Sans me targuer d'une étude scientifique de la communauté, je vais essayer de lire la réalité de la communauté au vu de ma participation active dans les différentes activités.  Au vu de la relative harmonie que l'on peut percevoir dans le quotidien, qu'en est il de l'intégration socio-économique et culturelle?

On peut distinguer une catégorisation en trois groupes relativement homogènes sur le plan économico-financier:

- un groupe de cadres ayant un niveau de formation supérieure, à dominante masculine( médecins, banquiers, informaticiens, hommes d'affaires, entrepreneurs etc .....), vivant dans des conditions économiques bonnes à correctes, relativement bien intégrés dans les milieux d'affaires sénégalais et qui dans une proportion plus que moyenne, participent à la vie socio-culturelle de la communauté cap-verdienne;

- un groupe au niveau économique moyen ( coiffeurs, vendeuses dans le commerce, peintres, infographes, pme, coiffeuses, petit commerce...), ce groupe est composé de personnes d'âge moyen ( 20 à 45 ans) et vit dans une convivialité interne ( fêtes patronales, fêtes religieuses, bals, soirées cap -verdiennes, soirées culturelles etc....), cependant au vu des relations entre les générations antérieures, le tissu relationnel intra communautaire s'est quelque peu effrité. Dans ce groupe qui représente les 2/5ème, la relation avec la communauté sénégalaise n'est pas homogène, elle se présente sous diverses formes, de l'intégration immersion à l'indifférence.

- le groupe des personnes démunies, sans travail, quelquefois sans formation, vivant dans des conditions économiques des plus difficiles, en marge de la communauté Cap-verdienne, il s'agît le plus souvent de personnes agées à moins agées, quelquefois sans famille, les enfants sont dans les pays développées et quelquefois ces personnes, à l'article de la mort, sont assistées par des familles sénégalaises plus sociales. Ces personnes ne sont prises en compte par aucune structure ni sénégalaise, ni Cap-verdienne et vivent en silence un véritable drame social. Elles forment les 1/5 ou un peu plus de la communauté.
 
Il y a Cinq associations Cap-verdiennes qui travaillent toutes pour le social ou le culturel au sein de la communauté, toutefois il n'y a pas une réelle coordination entre ces structures; elles ne travaillent pas sur la base de programmes bien définis mais au coup par coup, au gré des situations liées surtout au calendrier festif de la communauté.

En gros on peut noter que les dynamiques IEC liées aux programmes nationaux du sénégal semblent ne pas s'intérésser ou intéresser la communauté Cap-verdienne et ce problème constitue pour moi un sujet de questionnement; par exemple, je me pose la question de savoir si la campagne anti VIH Sida qui est faite en oulof, qui vise surtout les associations, les gies, les OCB, sénégalaises, qui se fait par l'intermédiaire de ces associations, comment ces campagnes touchent la communauté Cap-verdienne qui vit dans des cercles presques fermés?

A cette question, ni les Institutions, ni les associations, ni les gouvernants n'ont donné de réponse, ni n'ont semblé intéréssés par un tel questionnement, qui à mon avis est non seulement interressante, mais aussi important car c'est toute la problématique de l'intégration/inclusion au coeur de laquelle devrait se positionner une dynamique pour une éducation des adultes qui tienne compte de toutes les composantes des populations concernées.

Voilà quelques éléments de réflexion que l'on pourra préciser au cours des débats

Merci, Fernanda

 


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