Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

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LES DÉFIS DE L’ÉDUCATION DES ADULTES POUR LES MIGRANTS/TES: DES NOUVELLES SENSIBILITÉS, DES NOUVELLES CAPACITÉS POUR LA VIE

(Quelques réflexions à partir de la lecture du document de Hinzen et Duke)
H.S. Bhola
Professeur émérite, Université d’Indiana



 
Quelque chose qui tire mon attention est la complexité des conditions d’existence de plusieurs populations de migrants et les défis qui se présentent dans la conception et la mise en œuvre des programmes et des projets d’éducation des adultes afin de pouvoir satisfaire aux besoins de tous ces divers groupes.

Les différences entre les groupes de migrants sont plusieurs:
1. Géographie sociale: migration de quel pays d’origine vers quel pays d’accueil? La migration du sud de l’Asie vers les pays du Golfe constitue un phénomène très différent des migrations depuis l’Inde vers la Grande Bretagne ou les Etats-Unis, ou depuis le Maroc vers la France ou depuis le Hong Kong vers le Canada ou depuis le Nigeria vers la Libye.

 
2. Situation légale: L’immigrant/e est-il/elle entré/ée au pays d’accueil de façon légale ou illégale? Ce ne sera pas toujours possible d’organiser des programmes d’éducation des adultes ou d’alphabétisation dans une seconde langue pour les groupes qui sont entrés au pays de façon illégale.
       3.       Niveau d’éducation / d’alphabétisation : Quel type d’éducation a le/la migrant/e? Est-il/elle déjà alphabétisé/ée dans sa langue maternelle?

Lorsqu’il/elle entre dans un pays d’accueil, le/la migrant/e commence une relation quadrangulaire avec les quatre catégories d’agents ci-dessous:
1.      La population migrante: suivant l’inévitable «instinct de troupeau», le/la migrant/e cherche à se mettre en rapport avec d’autres personnes de son même pays d’origine.

 
2.      La communauté du pays d’accueil des alentours immédiats: C’est inévitable, bien sûr. La race, la religion, l’éducation et la classe économique des personnes aux alentours immédiats (dans des situations informelles ou au lieu de travail) seront très importantes. Des personnes de la classe ouvrière, même si elles ne sont pas prêtes à accepter les travaux qui feront les migrant/tes, peuvent ressentir quand même du ressentiment et les voir comme des profiteurs/profiteuses qui mettent en risque le soutien de leurs vies. Les classes moyennes qui emploient les migrant/tes dans leurs foyers et les employeurs dans le domaine de la santé et du bâtiment seront plus tolérants.

 
3.      L’élite gouvernante: l’élite gouvernante qui, d’abord, fait une loi de migration et puis administre ces politiques va jouer un rôle dans la vie des migrants/tes. Les gouvernements, même en ayant des lois favorables sur le papier, peuvent utiliser du langage Orwellien dans leurs déclarations quotidiennes pour servir leurs propres intérêts politiques et maintenir en paix leurs propres pauvres.

 
4.      Des influences progressistes: des personnes et des institutions progressistes, tant à l’intérieur des pays d’accueil qu’au niveau international, jouent un rôle important pour faire que la vie des populations migrantes soit tolérable  pas toujours avec du succès. Jusqu’à présent, les agences internationales ont été les meilleures amies des migrants/tes dans tout le monde.
Arrivant à des accords entre les invités et les hôtes

Les pays d’accueil invitent normalement des migrants/tes, ou leurs permettent d’y rester, dans l’espoir qu’ils rentreront dans leurs pays plus tard. Dans la dernière décennie on a constaté que la plupart des migrants/tes, sinon tous/toutes, ne rentreront jamais à leurs pays d’origine. En effet, plus de migrants/tes continueront d’arriver depuis des pays pauvres et très peuplés dans des pays riches, voire dans des pays en transition, avec des niveaux de développement plus élevés.

Si les migrants/tes ne partent pas et d’autres continuent d’arriver, les nouveaux venus/ues et les citoyens/ennes des pays d’accueil doivent faire face à la réalité et chercher des façons d’être et de travailler ensemble à partir de l’acceptation mutuelle.

Dans le passé, le discours sur des accords faisait allusion à l’assimilation, mais maintenant on parle plus fréquemment de l’intégration. L’assimilation, dans le sens de l’absorption à un système, n’est plus acceptable. En effet, certains des groupes de migrants très politisés, veulent vivre dans le pays d’accueil selon leurs habitudes. L’intégration signifie de transformer une partie nouvelle dans un élément de l’ensemble. Ceci devient de plus en plus accepté.

Je suggère un troisième terme : l’accommodement, une adaptation mutuelle dans un esprit d’engagement. Ceci doit être l’antécédent de l’intégration finale, au moins pendant la prochaine génération de migrants/tes actuels/les.

Le rôle de l’éducation des adultes dans la création de l’accommodement mutuel; et facilitant l’acquisition de nouvelles capacités pour la vie

Nous suggérons que le programme et les plans relatifs au curriculum pour l’accommodement seront ceux que Paulo Freire a dénommé conscientisation, réveillant les sensibilités des apprenants (tant les migrants/tes que leurs hôtes/hôtesses) sur leurs conditions existentielles respectives, sur les réalités globales existantes qui mènent les migrants/tes vers des pays d’accueil à la recherche d’un travail rémunéré. Les acteurs des pays d’accueil doivent comprendre que les migrants/tes sont là pour servir les buts des communautés et des pays d’accueil, ainsi que les siens. Les migrants/tes doivent se rendre compte que maintenant qu’ils y sont entrés/ées, ils/elles ne peuvent pas espérer de vire et d’agir dans leur nouveau foyer exclusivement selon leurs habitudes.

La conscientisation ne sera que la moitié du défi de l’éducation des adultes. Ceci devra se compléter avec l’enseignement d’aptitudes de communication, qui peuvent comprendre tant apprendre à parler la langue du pays d’accueil et puis l’alphabétisation dans cette langue, que des capacités visées à la subsistance. On peut continuer d’ajouter du contenu additionnel au fur et à mesure qu’il soit nécessaire et approprié dans les divers environnements.



Fernanda D´ Almeida: Commentaires sur le texte ICAE Confintea VI Seminar [14]

 
Bonjour,

je pense que c'est une bonne analyse sociologique de la situation des migrants, mais elle demeure en mon sens tres generale, pour ma part, il s'agira au dela de saisir l'essence, de descendre a la base, aupres des communautes,d'identifier leurs conditions de vie, leurs besoins (ressentis et non ressentis) dans un contexte ou elles n'ont pas toujours une approche systematique des realites dans leur globalite,car elles vivent quelquefois dans des bulles ou bien ont un regard qui est pris dans un prisme deforme par les sentiments, ressentiments et approches specifiques a la communaute.

Quelquefois ces communautes sont confrontes, plus que la population generale a des situations socio-economiques, culturelles et sanitaires tres difficiles et il s'agira d'avoir un plan strategique et operationnel bien cible surtout pour ce qui concerne l'education des adultes; par exemple, les migrants ne sont pas touches par les plans de developpement ni de leurs pays d'origine ni du pays d'accueil, il s'agira dans ce cas de voir comment prendre en compte leurs besoins, en effet les reseaux qui prennent en compte les communautes n'integrent pas ces communautes de migrants

Au senegal quand vous ne faites pas partie des reseaux religieux ou des familles "historiques" ou des cercles de pouvoir, vous avez necessairement des problemes d'integration plus que les plus pauvres de la societe, vous etes un exclu qui ne dit pas son nom et souvent vous etes taxes d'un nom quelque peu pejoratif , "ngagne" , "ngak" etc...

le probleme ce n'est pas seulement le constat d'une telle situation c'est aussi et surtout comment faire pour identifier des politiques sociales qui prennent en charge les besoins de ces"minorites" dont font partie les migrants.

Il serait ingenieux de voir aussi quelles sont les reponses deja mises en place par ces communaute d'identifier les plus ingenieuses et de les demultiplier de les amplifier de les appuyer d'en tirer des elements de politique interne et entre les pays concernes.

Voila quelques reflexions que m'inspirent votre document que je trouve par ailleurs assez profond et constructif.

Merci


 



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