Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

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Contribution au séminaire virtuel d’ICAE sur les migrations:

Femmes, Migration et Éducation

Fanny Gómez  REPEM Colombia

 
En 2005, on estimait qu’il y avait 191 millions de migrants au monde (176 millions en 2000), parmi lesquels 13 millions de réfugiés dont la moitié étaient des femmes. Du total de la population migrante, les femmes  représentaient 49,6%. Vers la fin de l’année 2007, les femmes constituent la moitié de la population migrante au monde . Cependant, il existe encore une tendance à prendre les hommes comme la «norme» dans les dispositions  légales sur la migration, ignorant des besoins, des aspirations et la capacité pour agir de façon indépendante des femmes.
 
Malgré leur apport à la réduction de la pauvreté et au développement socioéconomique de leurs pays d’origine, ce n’est que très récemment que les Nations Unies, des gouvernements, des agences de coopération pour le développement et des ONG intéressées à cette problématique se sont rendu compte de l’importance du rôle des femmes migrantes et des risques particuliers qu’elles affrontent, du besoin de reconnaissance explicite de ses besoins et de l’urgence d’obtenir que des normes qui cherchent une migration plus rangée et humaine aient comme condition de base l’égalité entre les hommes et les femmes.
 
Parmi les apports des femmes migrantes il faut souligner, malgré le manque de données, le rôle qui joue l’envoi de «remises financières» (qui améliorent la qualité de vie de leurs familles et communautés) et des «remises sociales» (formées par leurs connaissances techniques et pratiques, par de nouvelles attitudes qui favorisent le développement
social, la vigueur des droits humains, l’autonomie économique et le renforcement du pouvoir personnel et, en général, par des idées qui stimulent des changements sur des rôles traditionnels des hommes et des femmes).
 
La migration des femmes a ses ombres et lumières: d’une part, pour certaines la migration ouvre des portes à des sociétés plus égalitaires et moins oppressives et discriminatoires; d’autre part, pour d’autres femmes, cela peut signifier des coût comme les formes d’esclavage contemporain qui souffrent les victimes de traite des blanches ou les femmes de ménage.
Elles figurent parmi les personnes les plus vulnérables à la violation de leurs droits humains par leur condition multiple de migrante, femme, pauvre et, fréquemment, de race noire ou indigène. Leur situation de discrimination et de violation de droits devient encore plus grave quand ce sont elles qui font plus facilement les travaux difficiles, dénigrants ou déprotégés comme des emplois saisonniers dans l’agriculture, du travail sexuel, des travaux de ménage et, en général, toute la gamme des travaux de service (femme de chambre, réceptionniste, nettoyeuses…), et la «garde» des malades, des personnes âgées et des enfants que les femmes des pays développés abandonnent pour entrer au marché du travail. Cette discrimination devient plus profonde dans des pays où la législation du travail exclut des secteurs de l'économie où prédominent les femmes migrantes, comme le service des femmes de ménage et l'industrie du sexe.
 
Quand les femmes migrantes proviennent de pays où la discrimination de genre est très enracinée et, surtout, quand il s’agit de migration illégale, les femmes courent beaucoup de risques, tant dans le pays d’origine tombant entre les mains de contrebandiers ou de ceux qui font les démarches pour avoir les papiers (pression pour offrir des faveurs
sexuelles, endettement excessif), ou dans le pays de destination (des relations sexuelles avec des autorités à la frontière en échange de protection ou de permis). Généralement ce sont des femmes qui ont des désavantages éducatives quant à l’accès à l’information et à des connaissances sur les avantages et les désavantages de la migration, des mesures pour migrer légalement et dans des conditions de sécurité, des politiques migratoires, des droits des personnes migrantes...
 
Ce qui vient d’être exposé est seulement en rapport aux femmes migrantes pour des raisons économiques; il faut considérer également la migration pour la réunification de la famille, pour le mariage et, faisant plus attention lors de considérer la violation des droits, les femmes dont la migration est forcée par des conflits politiques et/ou armés dans leurs pays. Les femmes migrantes pour réunification familiale se trouvent généralement sous la condition de «parent à charge», ce qui marque déjà une situation de dépendance avec un accès limité aux services sociaux comme la santé ou l’éducation; ceci implique aussi un travail illégal qui, dans le cas de femmes formées, suppose un gaspillage de leur qualification et compétences. Si la relation avec leur couple finie, elle peut être menacé par la déportation et/ou la perte de sa puissance paternelle. Les femmes qui migrent pour se marier, que ce soit pour des mariages arrangés ou
forcés, ou des fiancées arrangées par l'Internet (il y en a une haute demande en Asie et en Russie), deviennent fréquemment des victimes car les entreprises qui les engagent déguisent ainsi des affaires de traite des blanches ou d'industrie du sexe.  Même si les déplacements forcés impliquent des risques pour tout le monde, les femmes et les filles les affrontent de façon particulière dans la fuite, aux auberges ou dans les établissements définitifs, où la situation économique est si pénible que des femmes chefs de foyer troquent des relations sexuelles en échange  d’aliments pour leurs familles, ou où l’harcèlement sexuel est la raison pour laquelle les femmes évitent d'utiliser des douches ou des toilettes par peur d'être violées. Les adolescentes et les jeunes femmes courent plus des risques dans les zones ou des groupes armés les recrutent comme cuisinières, lavandières ou esclaves sexuelles.
 
Une condition qui affecte généralement les populations migrantes est l’incapacité de s’exprimer dans la langue du pays d’accueil, accentuée par le fait que quand les migrants y arrivent, ils s’établissent généralement dans des communautés où il y a des compatriotes qui les aident à s'adapter, ainsi qu'à trouver un logement et un travail. Ces enclaves ethniques de migrants ne facilitent pas la communication dans la langue du pays de destination, ils renforcent l’exclusion et ils empêchent les processus d'intégration à la nouvelle culture.
 
Ce bref panorama de quelques situations que les femmes migrantes affrontent pose des dilemmes et des défis pour l’Éducation des adultes. Comment profiter des opportunités qu’offre un monde de plus en plus interconnecté malgré les problèmes de sécurité humaine et de l’exercice limité de droits que la recherche de ces opportunités entraîne? Comment augmenter la contribution de la migration internationale au développement des pays et mitiger, en même temps, les risques pour les migrant ?

Des réponses à ces problématiques peuvent venir de programmes d’éducation des adultes qui favorisent la migration légale, qui fassent connaître des normes migratoire, ainsi que de programmes et de campagnes qui apprécient la diversité culturelle et appuient l’intégration efficace des migrants à la société d’accueil. Même si la migration, légale, illégale et/ou forcée, viole et limite les droits des femmes migrantes, la recherche d’opportunités dans ce contexte s'avère nécessaire. Dans ce but, l’assimilation et l’intégration des migrantes dans les pays d’accueil est indispensable à travers une formation interculturelle qui considère ses besoins spécifiques et ses diverses conditions (de race, générationnelles, religieuses, etc.). Dans ce sens, il est important que la population d’accueil soit sensible aux besoins personnels, sociaux et de travail des femmes migrantes comme une stratégie d’inclusion et de protection.  L’éducation est ici un outil utile qui doit avoir des éléments interculturels et d’attention à la diversité tant de la population d’accueil (des étudiant, des entrepreneurs, des fonctionnaires, des employés de migration, etc.) que des femmes qui se trouvent submergées dans un pays qui n’est pas le sien. «Le multiculturalisme, en plus de reconnaître des systèmes de valeur et des pratiques culturelles différentes au sein d’une société, implique constituer un engagement partagé avec des valeurs de base et non soumis à la négociation. Comme l’État de droit, les droits humains, l’égalité entre femmes et hommes, la diversité et la tolérance». L’intégration et la tolérance font partie d’un processus bidirectionnel qui requiert une adaptation des deux parties.
 
Les migrants, des hommes et des femmes sont, avant tout, des êtres humains, quelle que soit leur situation, régulière ou irrégulière, qui, de même que la population qui les accueille, ont des aspirations et rêvent d’une vie meilleure.

 


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