Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

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Multiples Esclavages: Les Travailleuses à Domicile, Exemple: Santo Tomás Le Salvador

Montserrat Arévalo
Coordinatrice de «Mujeres Transformando»


 
I.      Brève caractérisation des travailleuses à Domicile. 
    
·       Niveau éducatif bas.
·       Des femmes entre 15 et 45 ans.
·       Des femmes dont la plupart sont en condition de pauvreté.
·       Avec une moyenne de trois fils/filles, même si quelques-unes sont célibataires.
·       En général elles ont des responsabilités familiales, en fournissant du soutien à leurs fils/filles, à leurs parents et à leurs frères/sœurs plus jeunes.
·       Il s´agit de femmes dont la plupart sont mariées ou accompagnées.
·       Des femmes dont la plupart habitent dans les zones rurales de la municipalité ou des municipalités voisines.
·       Il s´agit de femmes dont la plupart n´ont pas de services basiques chez-elles (privées d´ accès à l´eau potable et à l´énergie électrique).
·       Des femmes sans aucune expérience préalable en organisation. 

II.     Description du type de travail qu´elles réalisent et les conditions et les termes sous lesquels elles le réalisent.        
Les conditions sous lesquelles ces femmes développent leur activité de travail sont un clair exemple des multiples esclavages dont elles sont victimes. D´une part, les entreprises leur vendent la supercherie que ce type de travail leur permet de s´occuper de leurs  familles et de leurs maisons et en même temps elles reçoivent un revenu. Mais, en général elles doivent travailler pendant la nuit étant donné que c´est le moment où elles ont déjà fini leur journée de travail domestique et les membres de leurs familles sont déjà endormis et n´ont plus besoin d´elles. Cela implique qu´elles perdent graduellement la vue pendant des longues heures de travail nocturne lequel n´est pas rémunéré comme il faut.

Le type de travail qu´elles réalisent est l´élaboration de broderies à la main, très élaborés, lesquels doivent être insérés dans des vêtements qui sont après exportées aux Etats-Unis et en Colombie.
Les femmes mettent en générale 5 heures pour élaborer une pièce brodée et elles reçoivent entre U$S 1.75 et U$S 2. La robe dans laquelle est insérée la broderie est vendue entre U$S 70 et U$S 150, en dépendant de la taille et du dessin, mais c´est la pièce  que les ouvrières élaborent celle qui donne de la valeur aux vêtements.

Pour obtenir un revenu de U$S 35 par semaine, ces femmes doivent broder près de 20 pièces, c´est à dire qu´elles travaillent des journées de 10 heures pour faire deux pièces par jour.  En même temps elles ont dû cuisiner, laver, repasser, nettoyer la maison, chercher leur fils à l´école, réviser les devoirs scolaires, s´occuper de leurs maris et de leurs fils/filles, etc. Est-ce qu´il s´agit d´un esclavage après l´autre ou non? Le fait de donner du travail sous des conditions tellement irrégulières n´est-elle pas une logique perverse et inhumaine? Le fait que le travail domestique soit une responsabilité de la femme, n´est-il pas également inhumain? 

Les entreprises établissent leurs termes et conditions de travail. Les femmes ne savent pas jusqu´au moment de rendre les pièces, combien est-ce qu´elles vont toucher. Elles n´ont pas de la sécurité sociale même si elles ont la vue détériorée, elles n´ont pas de vacances ni d´étrenne, ni d´indemnisation. L´entreprise ne dépense pas de l´argent en énergie électrique, en eau, en logement, étant donné que cela devient un frais de l´ouvrière. N´ayant pas de l´énergie électrique plusieurs travailles sous la lumière des chandelles.
 
III.    L´Impact de ce type de travail à niveau économique, socio-affectif et de respect aux droits du travail des travailleuses                              
Pour «Mujeres Transformando» il est important de parler des coûts sociaux de la flexibilité du travail dans la vie des femmes; et de remarquer les différences parmi ces coûts dans le cas des hommes et des femmes. Il n´est pas accidentel le fait que dans le cas des broderies on ne trouve que des femmes. La broderie est un métier traditionnellement des femmes, c´est nous les femmes qui faisons des travaux qui même s´ils sont très spécialisés ne sont pas valorisés (parce qu´ils sont réalisés par des femmes) en  entraînant de l´emploi précaire. Les femmes, nous sommes plus vulnérables à la flexibilité du travail à cause des conditions de marginalisation, exclusion et discrimination dont nous avons historiquement été victimes.

La flexibilité du travail, à une influence déterminante sur la qualité de vie des personnes; et dans le cas des femmes c´est beaucoup plus frappante; les obligations du travail sous les conditions susnommées, et en plus les obligations familiales, c´est un risque pour la santé des ouvrières. Dans ce sens là, un autre impact est généré au niveau de la santé sexuelle et reproductive. Ne comptant pas sur la sécurité sociale, elles sont privées de l´accès à la médecine préventive, encore plus de l´accès à  la médecine curative. Et nous sommes en train de parler de prévention et attention de cancer de sein ou d´utérus, de contrôles de grossesses, de méthodes de planification de naissances, de traitements du ITS ou VIH/SIDA, etc. Mais, en plus, étant donné que ce type de travail ne leur garantis pas une pension, quel sera le futur de ces femmes au moment où elles ne pourront plus réaliser ce travail, nous laissons la réponse à votre considération.

IV.     Alternatives: Le travail d´organisation, de formation, d´incidence  et de dénonce que “Mujeres Transformando” réalise avec les travailleuses.
Devant une situation si dévastatrice, nous voyons le travail d´organisation pour l´incidence politique comme une des alternatives plus efficaces pour contre rester  ces multiples formes d´esclavage dont les travailleuses à domicile sont victimes.
La stratégie de «Mujeres Transfomando» est de former des groupes de Femmes Travailleuses à Domicile en accord avec la communauté où elles vivent et la localisation du Centre de réception et remise de la matière première et du travail fini des usines pour lesquelles elles travaillent.

Une fois que le groupe est conformé, nous organisons et impartons des ateliers sur les Droits du Travail et la Santé Mentale. Elles sont formées éducativementet nous travaillons à renforcer l´ estime de soi des femmes, et à éveiller chez-elles une conscience de la nécessité de dénoncer les violations à leurs Droits de l´Homme et du Travail.

Une des leçons apprises est que le fait de connaître les droits n´est pas une garantie pour l´exercice de leur défense, dans un pays comme Le Salvador, dans lequel il n´y a pas de culture de dénonce et d´exigence pour que les lois soient accomplies, il est fondamentale d´impulser des processus de renforcement de la société civil et dans ce cas-là des femmes. Cela n´est arrivé jusqu´à ce que les travailleuses aient développé la conscience d´être des sujets de droit qui ont osé dénoncer légalement l´entreprise et qu´ont eu la force suffisante pour faire face à la direction  et pour ne pas se prêter à des manipulations et des menaces. 
La grande réussite est donc de rencontrer des femmes tellement fortifiées qu´elles soient disposées à dénoncer les violations multiples desquelles elles sont victimes et d´exiger
leurs droits. Une autre grande réussite est qu´il s´est établi un précédent à niveau national ayant été ces femmes les premières travailleuses à domicile qui ont présenté des actions en justice auprès des instances pertinentes. Auparavant, personne n´avait pas osé le faire. 

 

 

 

 

 


 

 


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