Séminaire Virtuel de l’ICAE en vue de CONFINTEA VI
 

 

English - Español

FINANCEMENT DE L’EDUCATION

AMADOU ABDOUL SY
ANAFA - Senegal


 
Les sociétés traditionnelles et modernes, ont trouvé des formes adaptées de transmission de connaissances, donc de reproduction des idées, coutumes et traditions à travers des structures, méthodes et processus qui épousent les orientations majeures des idées dominantes de la société.

Dans la société traditionnelle, cette forme de transmission était assurée à l’intérieur des familles et dans les communautés ou groupes ethno - culturels à travers des séances d’initiation.

Les sociétés modernes, même si la forme traditionnelle subsiste toujours, les connaissances sont transmises par l’enseignement, l’éducation et la formation par l‘école dont le système, la structure et l’orientation sont définies par l’Etat.

C’est le financement de cette forme formelle et non formelle de transmission de connaissance connue sous le vocable de l’éducation que nous allons aborder premièrement  dans la généralité et deuxième en donnant l’exemple sur notre pays: le SENEGAL.

Le financement
L’éducation est devenue un enjeu de taille dans tous les pays, il intéresse à la fois l’état, qui gère le secteur public et la nation, le secteur privé pour lequel la rentabilité  du capital investi dans l’économie est un objectif fondamental et la société civile dont la participation citoyenne des habitants aux affaires de la cité, qui implique une acquisition de l’information et de la formation garantissent  la qualité requise pour la réussite de cette entreprise.
Le financement de l’éducation est à la  fois un enjeu de taille mais aussi un débat et un combat entre les différents protagonistes que sont l’état, le secteur privé, les parents d’élèves (ménages), les syndicats, les élèves et étudiants mais aussi la société civile.

Secteur de formation de la jeunesse et des adultes engagés dans la production de richesse au niveau des divers secteurs de la vie économique, le développement reste, conditionné et lié au niveau de l’éducation et de la formation que la population a atteint. Ce même reste est obtenu par la définition d’une stratégie adaptée à un programme qui trace de manière consciencieuse les objectifs visés et les moyens matériels, humains, et financiers à mettre en œuvre. Le coût de l’acquisition de ces moyens, la construction l’achat l’entretien et la réparation des immobilisations (bâtiments, véhicules, machines),le recrutement, le renforcement, la conservation et la motivation des ressources humaines chargées de la définition des politiques éducatives, l’exécution des décisions, ainsi que de leur suivi et évaluation.L’Etat doit aussi garantir l’équilibre entre les budgets affectés aux différents secteurs que sont l’enseignement de base(primaire),le secondaire et le supérieur et leur articulation avec les sous secteurs de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes ainsi qu’avec celui de la formation professionnelle. IL doit avoir aussi établir l’équilibre entre la formation en sciences sociales et celle dite scientifique.

Certains économistes parlent actuellement de l’économie du savoir définie «comme celle qui utilise le savoir comme une ressource stratégique et un facteur de compétitivité beaucoup  plus important que les ressources naturelles» les pays qui réussissent à tirer profit de cette nouvelle économie sont ceux qui ont intégré de manière judicieuse les tic dans l’économie ce qui a nécessité pour eux de l’innovation donc de l’investissement et occasionné dans leurs comptabilités des amortissements importants mais aussi des recettes issues des brevets et inventions qu’ils ont vendus dans des pays moins avancés.
L’OCDE a donné dans ce sens   26 indicateurs qui prouvent l’utilisation et l’intégration de l’économie  du savoir dans la vie économique du pays en question.

Les éléments retenus par l’OCDE sont:
1- Diplômés en science et techniques
2 - population ayant reçu une formation supérieure
3 - Accès réseaux à haut début
4 - Formation tout au long de la vie
5 - Niveau de scolarisation atteint par les jeunes
6 - Dépenses publiques en recherche et développement
7- Dépenses des entreprises en recherche et développement
8- Pourcentage de la recherche et développement de haut et de moyen niveau
9- Pourcentage des firmes recevant des aides publiques
10 - Recherches et développement des universités financés par l’Etat
11 - PME innovantes en internes
12 - PME innovantes en coopération
13 - Dépenses d’innovations
14 - Capital risque pour les firmes émergentes
15 - Dépenses en tic
16 - Changements non technologiques
17 - Emplois crées dans les services de haute technologique
18 - Exportations de haute technologique
19 - Vente de nouveaux produits sur le marché
20 - Vente de nouveaux produits par la firme
21 - Emploi dans les firmes de moyenne et de  haute technologie
22 - Brevets EPO
23 - Brevets USPTO
24- Brevets TRIADIC
25 - Marques communautaires
26 - Designs industriels communautaires

LE CAS DU SENEGAL
De son indépendance en 1960 jusqu’en 2000,le secteur de l’éducation a fonctionné de manière classique avec un budget voté et exécuté c’est au début du 21émé siècle que le PLAN DECENNAL DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION a été adopté

Les budgets et les services du ministère de l’Education nationale entrant dans le domaine de la gestion du budget public étaient gérés dans le cadre de l’exécution générale du budget annuel de l’Etat. La programmation, l’adoption, les engagements, la certification et la liquidation des dépenses s’exécutaient sur la base d’une planification annuelle de ce budget  public. Les efforts et sacrifices énormes consentis même s’ils ont atteint un certain nombre de résultats n’ont pas permis au système éducatif sénégalais d’absorber l’ensemble de la cible composée des enfants en âge d’aller à l’école, les adultes (15-50 ans) analphabètes qui expriment une demande de formation de base (lire et écrire, alphabétisation) et une formation professionnelle continue pour s’adapter aux innovations du marché du travail. Cette gestion exprimée dans un horizon temporel annuel a montré ses limites. A la fin du 20e siècle dans la dynamique de la préparation de la conférence de Dakar sur l’éducation pour tous et de la décennie mondiale sur l’alphabétisation lancée par les Nations Unies après la tenue à Hambourg  en Allemagne de CONFENTEA V,  et en s’appuyant sur une lecture lucide de l’environnement mondial, des orientations et des options stratégiques de la politique mondiale en faveur de l’éducation, le Sénégal s’engagea dans l’élaboration et l’adoption d’un plan stratégique du secteur de l’éducation dénommée Plan Décennal pour le développement de l’éducation et la formation (PDEF).

Conçu pour un horizon temporel de dix ans, articulant l’ensemble des sous-secteurs de l’éducation et cadre d’unification des interventions des différents bailleurs ou partenaires au développement, le PDEF, innove avec une approche participative qui associe (syndicats, ONGS, parents d’élèves, collectivités locales et bailleurs ) , élargissant la vision stratégique de l’Etat , qui  avec des évaluations annuelles établies par des cabinets privés donc indépendants, dispose avec ce plan, un outil de diagnostic qui permet de fixer les objectifs à atteindre les moyens de mettre en œuvre, d’évaluer les résultats atteints en vue de redresser la situation , avec un souci permanent d’efficacité et d’efficience.

UN PLAN STRATEGIQUE: LE PDEF

Conçu pour un horizon temporel de dix ans, articulant l’ensemble des sous-secteurs de l’éducation et cadre d’unification des interventions des différents bailleurs ou partenaires au développement, le PDEF, innove avec une approche participative qui associe (syndicats, ONGS, parents d’élèves, collectivités locales et bailleurs ) , élargissant la vision stratégique de l’Etat , qui  avec des évaluations annuelles établies par des cabinets privés donc indépendants, dispose avec ce plan, un outil de diagnostic qui permet de fixer les objectifs à atteindre les moyens de mettre en œuvre, d’évaluer les résultats atteints en vue de redresser la situation , avec un souci permanent d’efficacité et d’ efficience.

Financement de l’éducation dans le PDEF

Voici le Tableau effectué ¹ partir des rapports du PDEF (en millions de francs) eu piéce jointe

L’éducation est un secteur prioritaire au Sénégal, non seulement pour l’Etat et les partenaires financiers mais aussi pour les ménages qui investissent beaucoup d’argent dans l’éducation de leurs progénitures.
L’éducation est une activité centrale qui procure de la valeur ajoutée à tous les autres secteurs de la société, la formation des ressources humaines qualifiées dépend du secteur éducatif, c’est pourquoi son financement revêt, une importance particulière.
Le tableau  qui précède nous montre que l’Etat reste le principal bailleur de l’éducation. Les acteurs qui participent au financement de l’éducation ont dans l’ensemble en trois ans, fourni des efforts pour augmenter les financements qu’ils octroient au secteur de l’éducation et de la formation. La coopération internationale désignée dans ce tableau comme partenaire financier a plus que doublé sa partqui passe ainsi de 8300 000 000 à 22.575 000 000 soit une augmentation de 171,98%.
Les ménages, malgré l’état de la pauvreté endémique dans lequel ils vivent, accroissent les financements qu’ils attribuent à l’éducation quand on y ajoute la contribution de ceux-ci au budget d’investissement de l’ÉTAT sous forme d’impôts et taxes que les ménages versent en tant que contribuables et consommateurs, et on apprécie la juste valeur de la place que l’éducation occupe dans la vie du peuple Sénégal

CONCLUSION
Il est difficile d’aborder le financement de l’éducation dans un tel débat; nous avons voulu partager une expérience et remercions, de nous avoir donné une telle occasion


 

Tableau effectué à partir des rapports du PDEF (en millions de francs)
 

 

2003

2004

2005

2003/2005

absolu         relatif

Etat

160.000

199.766

213.349

53.349         33,34

Collectivités locales

3.713

3.899

4.094

381          10,26

Ménages

35.838

37.630

39.512

3674        9,46

Partenaires financiers

8.300

15.438

22.575

14.275         171,98

Totale

207.851

256.732

279.529

71.678           34,48

PIB/nominale

3.881.100

4.113.966

4.360.804

479.704         12,36

 

 


Programme